Pourquoi Re-Boot ?

Identification
Le projet est identifié sous la dénomination « Re-Boot » qui signifie "re démarrage" en jargon informatique.


Objet
Le projet a pour objet de collecter, de remettre en état puis de revendre à bas prix du matériel informatique. Il s'agit de faire du réemploi et de la réutilisation en pièces de matériel informatique.


Objectif
L'objectif du projet « Re-Boot » est de fournir à faible coût du matériel informatique d'occasion, en état de fonctionnement, à un public non équipé et/ou à revenu modeste (étudiants, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA, etc). La vocation d'accompagnement social est clairement identifiée, soutenue par l'utilisation de matériel de réemploi, de logiciels libres et gratuits issus d'une distribution Linux.


Contexte règlementaire
Le projet « Re-Boot » se place dans le contexte règlementaire des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Il est donc soumis, pour la règlementation européenne, à la Directive 2002/96/CE : WEEE/DEEE et les textes associés et au Décret n°2005-829 du 20 juillet 2005 et les textes associés en ce qui concerne la règlementation française. Au titre de la règlementation européenne, le projet concerne des déchets de la catégorie 3 définis comme des « Équipements informatiques et de télécommunications ».


Origines : répondre à un besoin aujourd'hui nécessaire

Le constat d'un besoin incontournable
Depuis son apparition, l'utilisation de l'informatique est devenu incontournable dans bien des activités professionnelles, dans les domaines de la bureautique (courriers, calculs, comptabilité, etc.), de la communication ou de la production (conception, dessin, fabrication, etc.).

L'informatique peut aussi répondre à de multiples besoins scolaires ou personnels : échanger, acheter en ligne, rechercher une information ou un emploi, gérer son argent, etc.

Sans parler des aspects propres aux loisirs, l'informatique favorise l'échange, la connaissance, peut éviter des déplacements inutiles grâces aux nombreuses télé procédures mises en places par les organismes publics (CAF, URSSAF, Pôle Emploi, etc.) ou privés (banques, etc.). C'est donc un outil qui peut favoriser le lien entre des personnes et qui peut participer à la limitation des déplacements (d'où une réduction des émissions de gaz à effet de serre induits par l'usage des transports).
Le constat d'un équipement des ménages français encore trop faible et disparate

Selon l’Observatoire des Territoires Numériques (OteN), « 66 % des Français ont au moins un ordinateur à la maison (Credoc, 2007). Mais ce chiffre global cache des disparités persistantes. L’âge, la profession, les revenus et la localisation sont quatre facteurs discriminants. Un jeune cadre de la région parisienne a plus de chance d’être familier de l’informatique qu’un ouvrier célibataire d’un bourg rural. La fracture numérique perdure. Et les évolutions du matériel, sur l’offre comme sur les prix ne réduisent pas les écarts. »

Selon le rapport Besson « Avec 53 % des foyers français disposant d’un ordinateur, la France se positionne seulement au 14e rang des pays européens. Ainsi, 45 % de la population française ne se connectent jamais à Internet et 44 % des foyers français n’utilisent pas les services de télévision numérique. Les motifs mis en avant portent d’abord sur la complexité d’utilisation (29 %), l’absence d’utilité pour la vie quotidienne (20 %), les enjeux de protection des données personnelles (20 %) et enfin le prix (12 %). Or l’usage du numérique est devenu essentiel pour l’insertion dans l’économie, l’accès à l’emploi, à la culture et aux loisirs.  »
Le constat d'un gâchis énorme de matériel informatique

« En 2007, 9,34 millions d’ordinateurs ont été achetés en France (Gartner, 2008). Au cours de cette même année, les 6,5 millions d’unité vendues en 2005 ont été jugées obsolètes et sont parties vers le stockage, le réemploi ou le recyclage (Renaissance numérique, 2007). »

« Les pièces d’un ordinateur ont des durées de vie supérieures à 2 ans. Un processeur en configuration classique peut travailler 10 à 15 ans. La probabilité de défaillance d’un disque dur n’augmente significativement qu’après 5 ans (Google, 2007). »

Ces chiffres sont effrayant du point de vue de la production de déchets : 70% des ordinateurs partent au rebut au bout de 2 ans seulement alors que leurs composants ont une durée de vie au moins 3 à 5 fois plus longue.
Le constat d'un manque de structures de récupération en Région Centre

Le moteur de recherche du site internet « Ordi 2.0 » montre une absence totale de reconditionneurs collectant du matériel informatique en Région Centre.

Néanmoins, on peut citer la présence de la structure associative Recyclage-Ecocitoyen® à Salbris (Loir-et-Cher) qui collecte, réemploie et recycle du matériel informatique.
Le constat que le département du Loiret est en retard dans la collecte des DEEE

L'Ademe fait le constat que la performances de collecte de DEEE ménagers en 2007 dans le Loiret est de 1,5 à 2,5 kg par habitant alors que l'objectif de la Directive européenne était de 4kg/an/hab pour les DEEE des ménages et assimilés en 2002.


Le projet « Re-Boot », une réponse « durable »
Une démarche en trois points : protection de l'environnement, soutien d'une économie et d'actions sociales locales

Le réemploi et la réutilisation en pièces permet de protéger l'environnement parce qu'il évite la production de matériel neuf gourmand en ressources naturelles (métaux, pétrole) et en énergie. De plus il évite aussi de produire des déchets (au sens réglementaire) qui n'en sont pas dans la pratique car le matériel est toujours opérationnel mais il est seulement jugé obsolète par son détenteur.

Le réemploi et la réutilisation en pièces permet de soutenir l'économie locale car le travail nécessaire au reconditionnement des ordinateurs peut fournir du travail à une main d'œuvre locale.
Le réemploi et la réutilisation en pièces permet de compléter des actions sociales par sa vocation solidaire en proposant à bas prix du matériel capable de fournir les fonctionnalités basiques (bureautique, internet) à des ménages à faibles revenus.
Un programme gouvernemental « Ordi 2.0 » favorable au projet

« Pour accélérer l’équipement des Français, un nouveau label “Ordi 2.0”2, qualifiant une filière nationale de redistribution, de reconditionnement et de retraitement d’ordinateurs, dans le cadre d’objectifs d’économie solidaire et de qualité environnementale, vient d’être mis en place. En effet, il est constaté que chaque année, plus de 2,5 millions d’ordinateurs “amortis” prennent le chemin de la déchèterie. Au moins 50 % des ordinateurs fonctionnent encore et pourraient être donnés à des familles qui ne sont pas encore équipées.


L’objectif principal du label “Ordi 2.0” est de fournir aux écoles et aux personnes qui en ont le plus besoin, les “e-exclus”, une offre bon marché d’équipement et d’accompagnement. Cette démarche est conçue comme un moteur d’insertion favorisant l’emploi de personnes en difficulté, notamment par les activités de reconditionnement. Elle s’adresse aux associations de l’économie solidaire et aux entreprises qui contribuent à l’insertion des personnes en réservant par priorité ses recrutements de personnels aux personnes en difficultés et privés d’emplois.  »


Le recyclage du matériel usagé
Dans le cas où du matériel donné ne peut être remis en état, l'association s'engage à redonner à une structure agrée les DEEE qu'elle a collecté afin qu'ils suivent une filière de recyclage appropriée.